The Sinking City 2 sur PS5 : Frogwares signe un survival horror à la manière de Resident Evil

The Sinking City 2 sur PS5 : Frogwares signe un survival horror à la manière de Resident Evil

Frogwares quitte l’enquête pure pour un survival horror plus linéaire et centré sur la gestion des ressources.

Frogwares change nettement de cap avec The Sinking City 2. Là où le studio ukrainien a bâti sa réputation sur des jeux d’enquête, cette suite s’éloigne de la logique d’investigation pour se rapprocher d’un survival horror plus frontal, plus linéaire et davantage tourné vers le combat, les énigmes et la gestion des ressources. Sur PS5, le résultat ressemble à une version allégée de Resident Evil et Silent Hill, avec suffisamment d’idées solides pour marquer les esprits.

Ce virage n’a rien d’anodin. Le premier jeu mettait en avant la mécanique du Mind Palace et l’analyse des indices ; la suite fait presque l’inverse. Les actions du joueur n’ont pas d’impact sur l’histoire, et l’ensemble suit une structure bien plus dirigiste. Cette orientation donne à Frogwares l’occasion de montrer un autre visage, en misant sur un genre où la tension, l’économie de munitions et la lecture de l’environnement prennent le dessus sur la déduction pure.

Un Arkham noyé qui pousse Calvin Raffery vers l’action

L’histoire place le joueur dans la peau de Calvin Raffery, lancé à la recherche de sa partenaire, plongée dans un coma magique. L’aventure se déroule dans un Arkham des années 1920, inspiré de l’univers de H. P. Lovecraft. Une inondation a ravagé une grande partie de la ville, ce qui impose de voyager en bateau d’un lieu à l’autre. Dans ce second épisode, ce moyen de transport reste présent, mais il sert surtout à relier les zones entre elles plutôt qu’à structurer le gameplay.

En pratique, tout pousse à l’exploration à pied et à la progression dans des lieux fermés, balayés par une ambiance de survie très classique. Le jeu aligne les ressorts attendus du genre : inventaire limité, gestion des objets et des matériaux de fabrication, salles de sauvegarde disséminées avec parcimonie, combats risqués et raccourcis à débloquer pour sécuriser les allers-retours. Cette construction donne à l’aventure une cadence précise, presque méthodique.

Les puzzles portent vraiment la meilleure idée du jeu

Le point fort le plus net de The Sinking City 2 reste ses énigmes. Frogwares propose ici une série de casse-têtes qui demandent de lire des documents, de relier des indices et d’observer l’environnement avec soin. Certains passages consistent à trouver des codes de coffre, d’autres à fouiller les décors pour faire apparaître des éléments discrets. C’est exactement dans ces moments-là que le jeu montre le mieux son savoir-faire.

Le constat est d’autant plus intéressant que le titre n’essaie jamais de dépasser ses inspirations. Il ne rivalise pas avec les grands modèles du genre, mais il en retient les qualités les plus efficaces. Sur ce terrain, le résultat est très convaincant. Pour les joueurs qui aiment les labyrinthes mentaux, les solutions à dénicher et les environnements qui se laissent apprivoiser morceau par morceau, le jeu a clairement de quoi satisfaire.

Gestion des munitions, inventaire réduit et combats simplement corrects

L’autre moitié de l’expérience repose sur les affrontements contre des monstres de Cthulhu et des humains contaminés par le Slither. Les armes sont peu nombreuses, les munitions limitées, et le jeu pousse régulièrement à se demander s’il vaut mieux tirer ou fuir. Cette logique de raréfaction fonctionne bien, car elle entretient la tension et renforce l’importance de chaque déplacement dans les zones visitées.

Le système de combat reste toutefois plus fonctionnel qu’impressionnant. Il fait le travail, sans chercher à voler la vedette au reste. Le vrai intérêt vient plutôt de la manière dont le titre organise la survie : garder des emplacements libres dans l’inventaire, anticiper le contenu d’une zone, profiter des raccourcis pour limiter les détours, puis améliorer son équipement pour gagner quelques places supplémentaires. Ce sont ces choix de gestion qui donnent du relief à la progression.

Le revers de la médaille, c’est une variété d’ennemis trop limitée. Les humains contrôlés par le Slither reviennent avec les mêmes modèles, et les créatures cosmiques apparaissent en nombre insuffisant pour corriger cette impression de répétition. Le jeu compense partiellement par ses systèmes, mais l’arsenal adverse manque de diversité pour maintenir une vraie montée en puissance.

Une exécution PS5 Pro propre, malgré des limites visibles ailleurs

Sur le plan technique, le titre s’en sort correctement. La version testée tournait sur PS5 Pro en Performance Mode, avec une cible de 60 images par seconde. Dans cette configuration, le jeu a tenu son objectif la plupart du temps, sans ralentissements notables ni incidents techniques marquants. D’après ce qui a pu être vérifié, rien n’indique non plus une amélioration exclusive à la PS5 Pro ; il faut donc s’attendre à un comportement similaire sur la console de base.

Le retour haptique du DualSense n’est pas absent non plus, avec une légère résistance sur le tir des armes. Ce n’est pas un ajout spectaculaire, mais cela participe à la cohérence d’ensemble. En revanche, les visages rigides et les voix peu convaincantes pèsent sur les scènes narratives. Comme le jeu repose sur un petit nombre de personnages, cette faiblesse se remarque vite, d’autant que l’histoire tient largement sur Calvin et sa partenaire Faye.

Un bon candidat pour ceux qui veulent un Resident Evil-lite sur PS5

Au final, The Sinking City 2 réussit ce pari assez rare : changer d’identité sans s’effondrer sous le poids de sa propre mutation. Frogwares abandonne une partie de son ADN d’enquête pour signer un survival horror plus ramassé, plus direct et plus proche des grands classiques du genre. Le jeu n’atteint pas le niveau des plus grosses productions, mais il construit une proposition honnête, solide et souvent plaisante à jouer.

Pour les joueurs PS5 qui cherchent avant tout des puzzles bien fichus, une ambiance lovecraftienne marquée et une gestion de ressources à l’ancienne, le titre mérite clairement l’attention. En revanche, ceux qui attendent une écriture très forte, un bestiaire varié ou une réalisation irréprochable risquent de rester sur leur faim. La vraie force du jeu est ailleurs : dans sa capacité à reprendre les codes du survival horror et à en faire quelque chose de compact, lisible et suffisamment convaincant pour donner envie d’aller au bout.

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