L'Union européenne soutient depuis mai la stratégie de développement de l'industrie du gaming au Maroc 2030. L'accord a été signé le jeudi 21 mai 2026 à Rabat par Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l'UE au Maroc, en marge de la 3e édition du Morocco Gaming Expo (MGE 2026). Cinq mois plus tard, voici ce que contient ce texte, ce qui a bougé depuis et ce qui reste flou.
Trois axes : former, mesurer, connecter
Selon le communiqué conjoint publié par le ministère et la Délégation de l'UE au Maroc, l'appui européen porte sur trois volets de la stratégie :
- la formation aux métiers du gaming, par des cursus universitaires et des formations professionnelles « alignés sur les standards internationaux » ;
- la structuration du marché, par des études et des analyses sur les opportunités et les difficultés des entreprises marocaines du secteur ;
- les liens entre écosystèmes marocain et européen, par des missions B2B et des échanges entre professionnels.
Cet appui complète le Programme d'appui aux industries culturelles et créatives lancé en 2023, doté de 10 millions d'euros au total. Côté européen, Dimiter Tzantchev le rattache au Pacte pour la Méditerranée.
Ce que ça change pour les studios, les étudiants et les joueurs
Pour les studios, le volet le plus concret est le troisième. Le ministre a présenté l'accord comme un moyen pour les PME marocaines de « consolider leur insertion sur le marché européen ». Il a rappelé que plusieurs pays de l'Union figurent parmi les leaders mondiaux du secteur. Les missions B2B doivent justement favoriser les partenariats et les collaborations avec des talents locaux formés aux dernières technologies : pour un petit studio, c'est l'occasion de rencontrer des éditeurs et des partenaires européens.
Pour les étudiants, le premier axe s'ajoute à un autre accord signé pendant le même salon. Le ministère et celui de l'Enseignement supérieur ont paraphé une convention qui fixe les modalités de cursus diplômants dédiés aux métiers du gaming. L'appui européen pourrait aider ces formations à suivre les standards internationaux, ce qui compte pour un diplômé qui vise un studio étranger.
Le deuxième axe, les études de marché, paraît plus abstrait. Selon le communiqué, elles doivent orienter les actions nécessaires à la croissance du secteur. Si elles sont rendues publiques, elles donneront aussi des repères à ceux qui envisagent de créer un studio.
Pour les joueurs, l'effet sera indirect et lent. Une industrie locale plus solide, c'est à terme plus de jeux conçus au Maroc et plus d'événements comme le MGE.
Ce qui s'est passé depuis mai
Le changement le plus visible est venu en août. Le Maroc a participé pour la première fois à titre officiel à la Gamescom, à Cologne, du 26 au 30 août 2026. L'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) et le ministère y ont monté un pavillon national avec une délégation institutionnelle et 11 studios marocains, selon le ministère. Le ministre avait reçu ces studios en juillet ; le ministère présente cette participation comme une mise en œuvre de la stratégie nationale.
C'est exactement le type de rapprochement avec le marché européen que vise le troisième axe. Le ministère ne dit pas pour autant que ce pavillon a été financé par l'appui de l'UE : les deux ne doivent pas être confondus.
Autre accord signé pendant le salon : le ministère, la CDG et la SMIT financent le programme « Gamification Lab » du ministère et le programme « Gaming de Loisir » de la SMIT, avec une enveloppe globale de 24 millions de dirhams sur 2026 et 2027, selon le ministère. Objectif affiché : stimuler l'innovation dans la gamification et encourager les startups marocaines.
Quant au MGE 2026, il a réuni plus de 80 000 visiteurs, 24 pays, 100 exposants marocains et 48 investisseurs internationaux, d'après les chiffres repris par le ministère.
Ce qu'on ne sait pas encore
- Le montant de ce nouvel appui : ni le ministère ni la Délégation de l'UE ne l'ont chiffré, seul le programme de 2023 l'est.
- Le calendrier des formations, des études et des premières missions B2B.
- Qui pourra en bénéficier et comment postuler : les annonces de mai ne le précisent pas.
Pour aller plus loin
Si vous montez un studio ou un projet de jeu, lisez notre guide sur les précautions juridiques pour lancer un jeu vidéo au Maroc. Pour le contexte, relisez notre article sur le Morocco Gaming Expo 2025.
Image : Délégation de l'Union européenne au Maroc, © Union européenne, 2026.




Commentaires