FromSoftware prépare avec The Duskbloods un projet qui reste immédiatement lisible pour les habitués du studio, tout en s’éloignant de la formule la plus connue de ses Soulslike. Le jeu, exclusif à Nintendo Switch 2, s’oriente vers des parties en ligne structurées autour de huit joueurs et d’une logique de victoire par points, avec des affrontements où le PvP et le PvE se croisent sans se confondre totalement. Lors de la prise en main décrite par nos confrères, cette orientation apparaît comme le cœur même du jeu : moins une aventure linéaire qu’un enchaînement de matchs où l’on tente de survivre, d’optimiser sa progression et de finir avec davantage de Virtue que les autres.
The Duskbloods arrive sur Switch 2 comme un jeu de matchs à huit joueurs
Le point de départ est clair : The Duskbloods est pensé comme un jeu multijoueur par manches, et non comme un Soulslike classique déroulé en solo. Chaque partie réunit huit joueurs, qui peuvent s’affronter en solo ou par duos, avant d’être envoyés sur une carte commune. Le principe de base repose sur une compétition pour la victoire, mais cette victoire ne dépend pas uniquement des duels entre joueurs. Le titre a été décrit comme un jeu PvPvE, ce qui correspond bien à sa structure : des séquences contre l’environnement alternent avec des moments de confrontation directe entre participants.
Cette logique change le rythme habituel associé à FromSoftware. Ici, la tension ne vient pas seulement de la difficulté des ennemis ou des boss, mais aussi du fait que les autres joueurs peuvent profiter de vos erreurs, voire s’approprier l’avantage pendant que vous prenez du retard. Le jeu ne cherche donc pas à reproduire une aventure de progression continue ; il organise au contraire des batailles séparées, avec une lecture très compétitive de l’univers imaginé par le studio.
Des Bloodsworn déjà définis, chacun avec ses armes et ses capacités
Dans The Duskbloods, le joueur choisit un personnage préconstruit appelé Bloodsworn. Cette approche rappelle celle d’Elden Ring Nightreign, avec des archétypes déjà dessinés plutôt qu’un avatar entièrement façonné à la carte. Chaque Bloodsworn dispose d’une arme de mêlée, d’une attaque à distance et de compétences particulières, certaines se débloquant au fil de la manche. Le roster annoncé dans la version test reste limité, avec six Bloodsworn jouables, mais d’autres personnages sont attendus pour la sortie prévue en 2026 sur Nintendo Switch 2.
Le système de déplacement est lui aussi très marqué. Les Bloodsworn peuvent triple sauter, effectuer une esquive aérienne et utiliser une sorte de bond surhumain pour franchir les bâtiments ou traverser de grands écarts dans l’environnement. Ils partagent également la capacité de « Howl », qui désoriente les ennemis, puis celle de « Drink Blood », qui permet de récupérer de la santé sur une cible étourdie et même de convertir certains adversaires en alliés temporaires. On retrouve là plusieurs idées typiques de FromSoftware, mais réinterprétées pour un format plus mobile et plus collectif.
La Virtue impose une victoire à points, pas seulement une élimination des adversaires
Le système de Virtue est au centre de la progression en match. Il s’agit de points de victoire qui rappellent les jeux de plateau et qui donnent au titre une structure bien différente d’un simple deathmatch. D’après la prise en main, plusieurs chemins mènent à la victoire : éliminer d’autres Bloodsworn, abattre des boss majeurs qui apparaissent sur la carte, récupérer des objets et des bonus, ou réussir certaines conditions de manche. FromSoftware explique aussi que certains gains de Virtue passent par des actions plus exotiques, souvent très rentables, ce qui laisse entrevoir des stratégies assez variées selon le style de jeu de chacun.
Cette approche donne une vraie identité au projet. Au lieu d’imposer une seule manière de l’emporter, The Duskbloods encourage à choisir une route parmi plusieurs possibles. Un joueur peut se concentrer sur le combat direct, un autre préférer le PvE pour engranger des avantages plus régulièrement, tandis qu’un troisième tentera de profiter des bonnes fenêtres pour récupérer des points sans s’exposer trop longtemps. Le décor de Lawanro City, avec ses ruelles, sa tour horloge, ses égouts, sa cathédrale et ses zones plus ouvertes, sert précisément cette lecture par secteurs et par opportunités.
Un jeu où le PvE porte l’essentiel, sans faire disparaître le danger du duel
Ce qui ressort surtout, c’est que The Duskbloods ne bascule jamais entièrement du côté du PvP. Le joueur peut passer une bonne partie de la manche à se battre contre l’environnement, à renforcer son personnage et à ramasser des éléments dans le décor. Le duel contre les autres participants existe bien, notamment dans l’affrontement final, mais le jeu laisse aussi de la place à une approche plus prudente, voire opportuniste. Pendant la prise en main évoquée par Polygon, cette lecture a même permis de remporter plusieurs manches en restant concentré sur les ennemis et sur la montée en puissance du personnage.
C’est sans doute là que se situe l’information la plus utile pour les joueurs : The Duskbloods ne se présente pas comme un simple Soulslike compétitif, mais comme un jeu de matchs où l’on peut avancer, marquer des points et gagner sans chercher à dominer constamment les autres. Pour les joueurs Switch 2 qui aiment les expériences en ligne plus tactiques que purement réflexes, ce choix peut faire la différence. Reste à voir comment ce système tiendra dans la durée, mais l’idée est suffisamment singulière pour se détacher du reste du catalogue annoncé sur la console. Si FromSoftware parvient à garder cet équilibre entre lecture du terrain, montée en puissance et menace permanente des autres joueurs, The Duskbloods pourrait devenir l’une des propositions multijoueur les plus atypiques de Nintendo Switch 2.




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