id Software après les licenciements chez Xbox : les employés contestent le tableau rassurant de Hugo Martin

id Software après les licenciements chez Xbox : les employés contestent le tableau rassurant de Hugo Martin

Après les coupes massives chez Xbox, Hugo Martin a assuré qu’id Software n’avait pas été « démantelé ».

La situation chez id Software continue de cristalliser les tensions après les licenciements massifs qui ont frappé Xbox. Hugo Martin, directeur sur les derniers Doom, a récemment repoussé l’idée que le studio avait été « démantelé ». Mais plusieurs employés actuels et anciens ne partagent pas cet optimisme, et décrivent au contraire un atelier de développement beaucoup plus fragilisé qu’il n’y paraît.

Un discours rassurant qui ne convainc pas tout le monde

Tout est parti des coupes annoncées par Microsoft, qui ont touché profondément la division Xbox. Dans ce contexte, id Software, le studio derrière Doom et Quake, a lui aussi subi un lourd passage à vide. Hugo Martin a toutefois pris la parole pour contester les récits selon lesquels le studio ne serait plus qu’une structure de soutien. Selon lui, id n’a pas été « gutted » et dispose encore des effectifs nécessaires pour construire les jeux et la technologie qui ont fait sa réputation.

C’est précisément cette lecture de la situation qui est aujourd’hui remise en cause. Des employés, actuels comme passés, disent ne pas reconnaître le studio que Martin décrit. Les informations publiées indiquent qu’au cœur de la contestation figure un constat simple : pour plusieurs développeurs, les coupes ont été bien trop profondes pour parler d’un simple ajustement d’organisation.

Des départs qui ont visé le cœur de l’équipe Doom

D’après ce que nous avons pu recouper, Game Developer a recueilli des témoignages affirmant qu’environ deux tiers des personnes encore en poste chez id Software et ayant travaillé sur Doom (2016) auraient été licenciées au début du mois. Le détail le plus marquant, c’est que ces départs ne concerneraient pas seulement des profils périphériques, mais aussi des membres considérés comme essentiels à l’équipe historique.

Un témoignage cité dans ce cadre dit clairement le malaise provoqué par les propos de Hugo Martin. La personne interrogée explique ne pas être d’accord avec sa déclaration et estime que beaucoup de salariés licenciés ont mal vécu ce ton jugé minimisant. Le même témoignage compare même la situation à une équipe de Doom coupée en deux, une formule brutale qui résume le sentiment de fracture interne.

Ce n’est pas seulement une question de volume. C’est aussi une question d’identité : chez id Software, l’idée que des créateurs fortement liés au retour en force de la série Doom aient été écartés alimente l’incompréhension. Pour les salariés qui ont vécu ce mouvement de l’intérieur, le message envoyé ne correspond pas à l’image d’un studio encore intact.

Un studio qui a déjà connu des phases de reconstruction

Les sources interrogées dans ce dossier rappellent aussi que la fragilité d’id Software ne date pas d’hier. L’un d’eux évoque Doom 4, un projet finalement annulé, au point d’avoir presque mis fin au studio. Doom 2016 serait né de cette remise à plat, après plusieurs années de travail, une quantité de crunch jugée énorme et le concours de développeurs ayant fourni des efforts jugés hors norme.

Un autre point ressort de ces retours : Martin présenterait la taille actuelle d’id Software comme comparable à celle de l’époque Doom 2016, mais certains employés estiment que cette comparaison masque un passé de turnover important entre 2010 et 2011. Selon eux, cette période d’érosion interne a profondément modifié le visage du studio, puis l’équipe a ensuite été reconstituée avec de nouvelles embauches et l’aide de studios externes.

Autrement dit, le débat ne porte pas uniquement sur les licenciements de ce mois-ci. Il touche aussi à la manière dont on interprète la santé réelle d’un studio déjà passé par plusieurs recompositions majeures. Et sur ce point, le fossé entre le récit de la direction et celui d’une partie des développeurs paraît difficile à combler.

Ce que cela change pour les joueurs de Doom

Pour les joueurs, le premier effet est simple : l’incertitude grandit autour de l’avenir d’id Software. Les informations publiées indiquent que la suite de Doom n’a pas disparu des radars, puisque le studio serait déjà dans les premières étapes d’un nouveau Doom. Mais avec un effectif plus réduit, la question n’est plus seulement de savoir si le projet existe, plutôt de comprendre dans quelles conditions il avancera.

Le suivi technique du studio est également en toile de fond. id Software s’est bâti une réputation sur id Tech, et les craintes autour de l’abandon de cette technologie ont largement circulé après les licenciements. Même si Martin assure que la technologie reste bien vivante, la réduction des équipes fait naître des doutes sur la capacité du studio à maintenir le même niveau d’ambition sans s’appuyer davantage sur des renforts extérieurs.

Dans l’immédiat, les joueurs ne doivent donc pas s’attendre à une communication simple ou rassurante. Le studio a bien rappelé qu’il disposait encore des personnes nécessaires pour construire ses jeux, mais les témoignages en interne montrent qu’une partie des équipes voit la situation autrement. Cela suffit à installer un climat de prudence autour de tout ce qui concerne la prochaine étape de Doom.

Une lecture utile pour la suite

Le cas id Software illustre une réalité de plus en plus fréquente dans le jeu vidéo : un studio peut continuer à travailler sur une grande licence tout en sortant très affaibli d’une vague de licenciements. Pour les joueurs, le vrai sujet n’est donc pas seulement de savoir si un nouveau Doom est en préparation, mais si l’équipe qui le portera pourra conserver son identité après une telle saignée.

À court terme, il faut retenir une chose : le discours officiel et le ressenti d’une partie des développeurs ne racontent pas la même histoire. Tant que cette contradiction restera ouverte, l’avenir d’id Software restera entouré de doute. Et pour les fans de Doom, ce doute compte autant que l’existence d’un projet en cours, car il peut peser directement sur le rythme de développement, la stabilité de l’équipe et la nature du jeu qui en sortira.

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