My Hero Academia: All’s Justice arrive sur Nintendo Switch 2 avec une mission simple : refermer proprement la série de jeux adaptés du manga et de l’anime, tout en tenant la route sur une nouvelle machine. Après l’avoir essayé sur PC dans une version anticipée, notre regard se précise surtout autour d’un point : le jeu remplit son rôle de conclusion pour les fans, mais il ne cherche jamais à bousculer la formule de combat qu’il reprend.
Une conclusion pensée pour prolonger My Hero Academia, pas pour le réinventer
Le cœur du jeu repose sur le Final Act Saga et l’arc de guerre, avec les élèves de l’UA et les héros professionnels réunis pour affronter All for One et Tomura Shigaraki. Le mode Histoire retrace donc les derniers grands événements de la licence, tandis que les modes Archives Battle et Hero’s Diary ajoutent quelques passages plus courts autour d’anciens affrontements ou de situations annexes. Team Up Mission sert, lui aussi, de relais narratif en suivant Izuku Midoriya et ses camarades dans un monde virtuel créé par Mei Hatsume.
Le point important, c’est que cette version ne cherche pas à offrir une nouvelle porte d’entrée. Le récit va à l’essentiel, parfois de façon trop condensée, et perd une partie de l’ampleur que prennent ces événements dans le manga ou l’anime. Pour quelqu’un qui n’a pas déjà suivi la série jusqu’au bout, l’ensemble risque de paraître trop rapide et trop elliptique.
Un roster massif, mais des doublons en pagaille
L’un des atouts les plus visibles de My Hero Academia: All’s Justice reste son casting. Le jeu de base propose 46 étudiants et héros professionnels, 17 vilains et cinq personnages capables de basculer entre les deux camps selon les situations. Trois personnages additionnels en DLC sont aussi disponibles, ce qui porte le total à 71 combattants au moment du test, même si seulement 61 d’entre eux sont des individus réellement uniques.
En pratique, le jeu multiplie les variantes d’un même personnage. Deku apparaît sous six formes si l’on compte sa version Overlay Full Style en DLC, All Might a deux incarnations, et l’on retrouve aussi plusieurs variantes de Dabi, Tomura Shigaraki et All for One. Ce choix donne une impression de richesse immédiate, surtout pour les fans de Class 1-A, mais il gonfle artificiellement la liste des combattants.
Pour les joueurs, cela change surtout la manière d’aborder les affrontements. Le jeu offre beaucoup d’options de composition d’équipe et de variations de style, mais il ne faut pas confondre quantité et diversité réelle. Le sentiment de nouveauté vient davantage des différences de pouvoirs que d’une profondeur de roster exceptionnelle.
Un système de combat fidèle à la série, mais très familier
Le jeu reste un combat de type 3D arena fighter, avec des affrontements le plus souvent en 3 contre 3. Chaque personnage possède un ensemble de mouvements inspiré de son Alter, et les commandes simplifiées permettent d’enchaîner des attaques spectaculaires sans apprentissage compliqué. Certaines séquences de campagne, de Team Up ou de Hero’s Diary ne reposent même pas sur le combat pur, puisque le jeu peut aussi proposer des conversations ou des passages de plateforme.
L’ajout principal de cet épisode, c’est la mécanique Rising, liée à une jauge qui se combine au système Plus Ultra déjà connu de la série. Une fois la jauge remplie, le déclenchement de Rising change visuellement le personnage et renforce ses attaques et ses capacités. L’idée colle bien aux événements du manga et de l’anime, mais elle reste surtout un bonus de puissance, pas une refonte de la manière de jouer.
C’est aussi ce qui ressort du test : le gameplay fait correctement le travail, sans créer de vraie surprise. Les combats sont fonctionnels, lisibles et cohérents avec la licence, mais ils demeurent très proches de ce que la série proposait déjà. En d’autres termes, le jeu s’adresse à ceux qui savent déjà ce qu’ils viennent chercher.
Une version Switch 2 propre, à 30 fps, avec quelques accrocs
Sur Nintendo Switch 2, My Hero Academia: All’s Justice tourne de manière globalement satisfaisante. Le jeu est affiché en 1080p, comme sur les autres plateformes, mais la différence principale se joue sur la fluidité : cette version est limitée à 30 fps, là où les autres machines montent à 60 fps. Malgré cela, l’ensemble reste jugé fluide dans la majorité des situations.
Le test souligne toutefois quelques ralentissements ponctuels dans les zones ouvertes de Team Up. Rien qui casse complètement l’expérience, mais assez pour rappeler que cette version Switch 2 n’est pas irréprochable. Visuellement, le rendu reste du même niveau que sur les autres versions, ce qui confirme un portage correct plutôt qu’un simple compromis minimal.
Le vrai avantage pratique, c’est l’option GameShare GameChat, qui permet de jouer à plusieurs avec une seule copie. L’idée est intéressante, mais elle reste encadrée : la fonction ne concerne que 25 combattants du roster et elle est réservée au jeu en ligne. Pour les joueurs qui comptent surtout sur le multijoueur ponctuel entre amis, c’est un bonus sympathique ; pour tous les autres, cela reste une fonction limitée.
Un jeu surtout destiné aux fans qui suivent déjà la fin de l’histoire
Au terme de ce test, My Hero Academia: All’s Justice apparaît comme une sortie pensée d’abord pour les personnes déjà investies dans la licence. Le jeu condense la fin de l’histoire, aligne un roster très généreux et conserve une structure de combat classique qui fonctionne sans jamais vraiment électriser. Le passage sur Switch 2 tient la route, ce qui suffit à rendre cette version recommandable pour son public, mais pas à lui donner une identité plus ambitieuse.
Pour les joueurs qui suivent My Hero Academia depuis le début, cette conclusion interactive a le mérite de rassembler beaucoup de personnages et de situations en un seul paquet. Pour les autres, le rythme compressé du récit et la relative simplicité du gameplay risquent de limiter l’intérêt. La meilleure façon d’aborder ce jeu, c’est donc de le voir comme un épilogue jouable sur Switch 2, pas comme un point d’entrée ou comme une révolution du genre.




Commentaires