Émulateurs SNES : lesquels installer sur PC, Mac, Android et iPhone

Émulateurs SNES : lesquels installer sur PC, Mac, Android et iPhone

Snes9x sur PC et Mac, Snes9x EX+ sur Android, Delta sur iPhone : quel émulateur SNES choisir, et lesquels éviter.

Un émulateur SNES transforme un PC, un Mac ou un téléphone en Super Nintendo. Si vous voulez simplement rejouer à Super Mario World ou à A Link to the Past, installez Snes9x : gratuit, léger, toujours mis à jour, il tourne sur Windows, macOS et Linux. Sur Android, prenez Snes9x EX+ ; sur iPhone, Delta ; sur Mac, OpenEmu si vous préférez une bibliothèque de jeux clé en main.

Tous les logiciels cités ici sont gratuits et se téléchargent chez leurs auteurs. Le point important arrive tout de suite : l'émulateur est légal, les jeux ne le sont pas. Aucun de ces programmes ne vous fournira une cartouche, et cette page ne pointe vers aucune ROM.

Snes9x : le choix par défaut sur Windows, Mac et Linux

Snes9x, émulateur SNES pour Windows, macOS et Linux

Snes9x existe depuis le milieu des années 90 et n'a jamais cessé d'être mis à jour. Il fait tourner la quasi-totalité du catalogue Super Nintendo, y compris la plupart des ROM hacks écrits à l'époque autour des bizarreries des vieux émulateurs, et il se contente d'une machine modeste : c'est l'émulateur qui demande le moins de puissance parmi ceux qui restent fiables.

Vous y retrouverez les sauvegardes d'état, l'avance rapide, les filtres d'affichage et le run-ahead, qui réduit le retard entre la manette et l'écran. Le seul reproche récurrent concerne les manettes, parfois capricieuses avec les pads XInput (Xbox) sous Windows : les brancher avant de lancer le programme règle généralement l'affaire.

bsnes et ares : l'émulation au cycle près

Logo de higan, l'émulateur dont bsnes et ares sont issus

Ces deux-là descendent du même travail, celui de Near (byuu), qui a passé quinze ans à reproduire le comportement exact du matériel. bsnes ne fait que la Super Nintendo et revendique d'avoir été le premier émulateur SNES compatible avec 100 % des jeux commerciaux sans bug connu. ares reprend le même moteur et y ajoute une trentaine d'autres machines, de la NES à la PlayStation.

higan, le projet d'origine visible sur l'image ci-dessus, s'est arrêté à la version 110 après la mort de son auteur en 2021 : son site officiel ne répond plus, et les guides qui le proposent encore en téléchargement renvoient dans le vide. ares en est le successeur direct, et c'est vers lui qu'il faut aller.

Le prix de cette précision, c'est le processeur : là où Snes9x se contente de presque rien, bsnes et ares veulent une machine correcte. Prenez-les si un jeu se comporte mal ailleurs, ou si la fidélité au matériel d'origine vous intéresse pour elle-même.

Mesen : celui qui montre ce que le jeu fabrique

Mesen, poursuivi par la communauté sous le nom MesenCE, émule la NES, la Super Nintendo, la Game Boy, la Game Boy Advance, la PC Engine, la Master System et la WonderSwan, sur Windows, Linux et macOS. Sa précision est du même ordre que celle de bsnes, avec une gestion des jeux et des sauvegardes nettement plus simple.

Sa particularité tient à ses outils : visualiseur de tuiles et de palettes, désassembleur, points d'arrêt, suivi de la mémoire en temps réel. C'est l'émulateur des curieux et des développeurs de homebrew, et l'un des rares, avec bsnes et ares, à reproduire correctement le Super Game Boy.

RetroArch : une seule interface pour toutes vos consoles

RetroArch, interface multi-consoles qui charge les cores Snes9x et bsnes

RetroArch n'est pas un émulateur mais une façade qui charge des modules appelés cores — pour la Super Nintendo, ce sont précisément Snes9x et bsnes. L'intérêt est ailleurs : une seule application, une seule configuration de manette et une seule bibliothèque pour la SNES, la Mega Drive, la PlayStation ou la Game Boy.

C'est aussi le seul projet de cette page disponible à peu près partout : Windows, macOS, Linux, Android, iOS, Switch, PS Vita, Raspberry Pi. En échange, l'interface déroute au début et il faut télécharger ses cores un par un avant de pouvoir lancer quoi que ce soit.

OpenEmu : la solution la plus simple sur Mac

OpenEmu, émulateur multi-consoles pour macOS

OpenEmu est exclusivement macOS. Il regroupe des cores existants, dont celui de Snes9x, derrière une interface façon bibliothèque musicale : jaquettes, classement par console, sauvegardes et manettes gérées sans configuration. Pour un Mac, c'est la porte d'entrée la plus rapide ; si vous voulez régler finement le rendu ou les shaders, vous finirez sur RetroArch ou bsnes.

BizHawk : pour le speedrun et le TAS

BizHawk, émulateur multi-systèmes de TASVideos

BizHawk est développé par TASVideos pour les tool-assisted speedruns : avance image par image, enregistrement et rejeu des entrées manette, rembobinage, scripts Lua. Son cœur Super Nintendo est celui de bsnes. Il est pensé pour Windows. Ce n'est pas l'émulateur d'une soirée sur Secret of Mana, c'est celui avec lequel on dissèque un jeu.

Sur Android : Snes9x EX+ et RetroArch

Snes9x EX+, portage Android de Snes9x

Snes9x EX+ est le portage Android de Snes9x, signé Robert Broglia. Gratuit, sans publicité ni achat intégré, il gère les manettes Bluetooth et USB reconnues par le système, les sauvegardes d'état et les commandes tactiles. C'est le premier à installer. RetroArch est la seconde option, plus complète et plus lourde à configurer.

John SNES, retiré du Google Play Store en 2019

Un mot sur John SNES, que presque toutes les listes françaises recommandent encore : il a été retiré du Google Play en janvier 2019, à la suite d'une plainte déposée au nom de Nintendo concernant l'usage de sa marque. Son auteur publie depuis un successeur, John NESS. Les fichiers APK qui circulent encore sur des sites de téléchargement tiers sont à éviter : c'est le premier vecteur d'applications piégées dans ce domaine.

Sur iPhone et iPad : Delta

Apple a ouvert son App Store aux émulateurs de consoles rétro en 2024. Delta, de Testut Tech, est gratuit et couvre NES, Super Nintendo, Nintendo 64, Game Boy, Game Boy Color, Game Boy Advance et Nintendo DS, avec le support des manettes de Switch, PlayStation et Xbox. Il s'installe depuis l'App Store partout sauf dans l'Union européenne, où il passe par la boutique alternative AltStore PAL. RetroArch est également disponible sur iOS.

ZSNES et No$SNS : deux noms que les vieilles listes traînent encore

L'interface DOS de ZSNES, émulateur abandonné depuis 2007

ZSNES a été l'émulateur roi au début des années 2000, et son interface bleue reste un souvenir pour beaucoup. Il est arrêté depuis 2007 et reste le moins précis des émulateurs SNES connus ; il a aussi souffert d'une faille permettant en théorie à une ROM piégée d'exécuter du code sur la machine hôte. Deux raisons de le garder malgré tout : les PC vraiment très anciens, et les ROM hacks écrits autour de ses défauts, qui ne tournent nulle part ailleurs.

No$SNS de Martin Korth, avec ses fenêtres de débogage

No$SNS, de Martin Korth, est un cas voisin mais différent : c'est d'abord un débogueur Windows, avec désassembleur et vue mémoire, comme le montre sa fenêtre principale. Sa précision de jeu est faible et il n'évolue plus. Utile à qui fouille le fonctionnement interne de la console, inutile à qui veut jouer.

Nestopia UE et NES.emu n'émulent pas la Super Nintendo

Nestopia UE, émulateur NES pour Windows, macOS et Linux
NES.emu, émulateur NES pour Android

Ces deux noms figurent dans presque toutes les listes d'« émulateurs SNES » en français — y compris, pendant deux ans, dans la version précédente de cette page. Ils sont excellents, mais pour la NES et la Famicom, pas pour la Super Nintendo. Nestopia UE est la référence 8 bits sur ordinateur, et NES.emu en est l'équivalent sur Android, du même auteur que Snes9x EX+. Si vous cherchez la Super Nintendo, passez votre chemin.

Ce que l'émulateur ne vous donnera pas : les jeux

Bonne nouvelle technique : contrairement à la PlayStation ou à la Saturn, la Super Nintendo n'a pas de BIOS à fournir. L'émulateur n'a besoin que du fichier du jeu, en .sfc ou .smc, et rien d'autre. Les deux seules exceptions sont le Super Game Boy et le Satellaview japonais, qui réclament le contenu de leur propre cartouche.

Ce fichier, en revanche, doit venir de vous. Les jeux Super Nintendo restent protégés par le droit d'auteur : Nintendo n'en a autorisé aucune diffusion gratuite, et les sites qui les proposent sont hors la loi, quel que soit l'habillage « préservation » qu'ils se donnent. La seule voie propre consiste à extraire vos propres cartouches avec un lecteur prévu pour ça. Si vous voulez jouer légalement sans matériel, le catalogue Super Nintendo est inclus dans l'abonnement Nintendo Switch Online, sur Switch.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur émulateur SNES ?

Snes9x pour jouer, sans discussion : il est le plus simple, le plus léger et le plus compatible. bsnes ou ares si vous voulez la reproduction fidèle du matériel, Mesen si vous aimez voir ce qui se passe sous le capot, RetroArch si vous émulez déjà d'autres consoles.

Les émulateurs sont-ils légaux ?

Le logiciel, oui : écrire un programme qui imite le comportement d'une console est licite, et les projets cités ici sont pour la plupart open source. Ce qui ne l'est pas, c'est le téléchargement des jeux, qui sont des œuvres protégées.

Faut-il un fichier BIOS pour émuler la SNES ?

Non. Un émulateur SNES démarre avec le seul fichier du jeu. C'est une différence notable avec les consoles à CD, qui exigent presque toutes une image du BIOS d'origine.

Quel émulateur sur un vieil ordinateur ?

Snes9x, encore : il tourne sur des machines que plus rien d'autre n'accepte. ZSNES est plus léger encore, mais avec une précision et une sécurité qui ne valent le détour que si la machine est vraiment hors d'âge.

Pour les autres consoles, notre page des émulateurs donne le logiciel à installer en premier pour chaque machine.

Tous les liens de cette page ont été testés le 15 septembre 2026 ; ceux qui ne répondaient plus ont été retirés plutôt que remplacés par un miroir.